Iran : 200 000 Afghans sans papiers ont quitté le pays

Iran : le départ volontaire de plus de 200 000 Afghans sans papiers et la poursuite du plan de régularisation
Selon les chiffres communiqués par le ministère iranien de l’Intérieur, plus de 200 000 ressortissants afghans dépourvus de titre de séjour ont quitté le territoire iranien de manière volontaire et auto-signalée depuis le début de l’année.
L’objectif affiché : traçabilité et enregistrement
Les autorités iraniennes présentent la clarification et l’enregistrement précis des données de séjour comme la finalité première de ces mesures.
Ali Zeinivand, porte-parole du ministère de l’Intérieur, a déclaré à ce sujet : « Une gestion globale des ressortissants étrangers suppose de savoir par quel point d’entrée et quel poste frontalier chaque personne est arrivée en Iran, en quel lieu elle réside et par quels canaux elle accède aux services. »
La notion de « départ auto-signalé » revêt ici un sens précis : la personne se présente d’elle-même aux services compétents pour organiser son départ, avant toute interpellation ou procédure d’identification. Ce parcours se distingue de l’expulsion judiciaire tant par la procédure administrative que par ses conséquences sur une éventuelle possibilité de retour légal.
Parallèlement à ces départs volontaires, les décisions de justice ordonnant l’expulsion d’une partie des ressortissants en situation irrégulière continuent d’être exécutées.
Le projet de loi sur l’Organisation nationale des migrations
Sur le plan législatif, le porte-parole du ministère a annoncé que l’examen du projet de loi portant création de l’Organisation nationale des migrations touche à sa fin dans les commissions spécialisées du Parlement.
Il a souligné que, sans les situations d’urgence nées de la guerre et des crises récentes, le processus d’adoption et de promulgation finale du texte serait déjà achevé à ce jour.
L’objectif annoncé de cette réforme est l’unification des institutions chargées des questions migratoires en Iran — un domaine aujourd’hui réparti entre plusieurs administrations distinctes.
Un contexte social sous tension
L’accélération des procédures d’expulsion et de régularisation des migrants afghans intervient alors que, ces deux dernières années, la pression s’est accrue sur le marché du travail, le logement et les ressources publiques en Iran.
Dans le même temps, les organisations de défense des droits humains ont exprimé leur inquiétude quant au sort des personnes renvoyées vers un Afghanistan sous contrôle taliban.
Cette préoccupation se décline sur deux plans : d’une part la situation économique afghane, dépourvue de la capacité d’absorption d’un tel volume de retours ; d’autre part la situation des personnes ayant quitté le pays en raison de leur parcours professionnel ou de leur engagement civique.
L’éclairage Hamdam
Ce que les statistiques officielles reflètent peu, c’est le lien entre ces chiffres et la capacité d’accueil de l’autre côté de la frontière. Le retour de 200 000 personnes en une année exerce une pression directe sur le marché du travail, le logement et les services essentiels des provinces frontalières afghanes.
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