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Afghanistan : les transactions gelées dans les cités saisies

Rédaction de Hamdam NewsPar Rédaction de Hamdam News·Rédaction Hamdam·8 août 2026·3 min de lecture
The Taliban Ministry of Justice banned real estate transactions in dozens of confiscated towns and required tenants to pay rent to designated emirate accounts.
The Taliban Ministry of Justice banned real estate transactions in dozens of confiscated towns and required tenants to pay rent to designated emirate accounts.

Afghanistan : Les Talibans interdisent toute transaction immobilière dans les cités confisquées et exigent la perception directe des loyers

L'administration talibane franchit une nouvelle étape dans le contrôle des biens fonciers en Afghanistan.

Le ministère de la Justice du régime a officiellement annoncé l'interdiction stricte de toute transaction immobilière au sein des cités résidentielles et commerciales saisies et déclarées nationalisées. Désormais, les locataires des logements et espaces commerciaux situés dans ces zones sont sommés de verser directement leurs loyers aux autorités talibanes.

Des dizaines de complexes déclarés « émiritaux »

Barkatullah Rasooli, porte-parole du ministère de la Justice des Talibans, a précisé que la commission chargée de la prévention de l'usurpation des terres avait classé des dizaines de complexes immobiliers à travers le pays comme propriétés domaniales.

Selon ses déclarations, des tribunaux spéciaux mis en place par le groupe ont confirmé le statut « émiratal » (étatique) de la majorité de ces cités.

L'architecture institutionnelle de ce processus mérite attention : une commission administrative statue sur le statut du terrain, et des tribunaux spéciaux issus de la même structure confirment cette qualification. Ce circuit restreint, en pratique, la possibilité pour les propriétaires de contester devant une instance indépendante.

En conséquence, toute nouvelle transaction — qu'il s'agisse de contrats de location, de ventes fermes ou à réméré — ainsi que tout aménagement foncier y sont formellement proscrits.

L'étendue de l'interdiction

La portée de cette mesure dépasse la seule vente. L'arrêt des locations signifie que le propriétaire perd jusqu'à la possibilité d'une exploitation limitée de son bien.

La mention de la vente à réméré est également significative : cette forme de cession avec faculté de rachat constitue, sur le marché afghan, l'un des instruments les plus courants d'accès à la liquidité pour les ménages. Son blocage ferme également cette voie de financement.

Mise en garde aux agences immobilières

Le régime a adressé une mise en garde explicite aux particuliers et aux agences immobilières pour qu'ils s'abstiennent de toute médiation dans ces zones.

Viser les intermédiaires — et non seulement les parties à la transaction — traduit une approche cherchant à interrompre la chaîne d'exécution en amont, plutôt qu'à intervenir après coup.

De nouveaux comptes bancaires

Le ministère a indiqué que des comptes bancaires spécifiques seraient sous peu communiqués aux locataires pour le versement direct des loyers aux caisses de l'administration.

Ce volet éclaire la dimension financière de la mesure : le flux de revenus mensuels issu de ces biens passe des propriétaires au trésor de l'administration. À la différence d'une confiscation ponctuelle, ce mécanisme crée une ressource récurrente.

Conséquences pour les habitants et les investisseurs

Cette décision renforce l'emprise financière du régime sur le secteur foncier, tout en créant une insécurité juridique majeure pour des milliers de familles et de commerçants installés dans ces cités, souvent construites sous les gouvernements précédents et désormais frappées de confiscation.

Nombre de ces complexes ont été bâtis et vendus sous les administrations antérieures, sur la base de titres officiels délivrés à l'époque. Pour les acquéreurs ayant agi dans le cadre juridique alors en vigueur, cette décision revient à invalider des documents émis par l'État lui-même.

L'éclairage Hamdam

Ce qui distingue cette mesure d'un acte administratif ordinaire tient à son effet sur la prévisibilité du marché. L'investissement immobilier repose sur le postulat qu'un titre de propriété conserve sa validité dans la durée ; lorsque ce postulat est remis en cause, ce n'est pas seulement le patrimoine saisi qui en pâtit, mais la confiance dans l'ensemble du marché.

Les conséquences touchent également les occupants actuels : familles et commerçants installés dans ces cités se retrouvent aujourd'hui dans une situation juridique indéterminée.

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