Afghanistan : neuf universités privées suspendues ou fermées

Afghanistan : Les Talibans suspendent et annulent les licences de neuf universités privées sur fond d'endoctrinement religieux
L'administration talibane accentue son emprise sur le système d'enseignement supérieur en Afghanistan.
Le ministère de l'Enseignement supérieur du régime a annoncé la suspension temporaire et la fermeture définitive de neuf universités privées à travers le pays, à la suite d'évaluations menées au printemps 2026. Selon le communiqué officiel, cette décision fait suite à des avertissements répétés et aux conclusions d'une commission d'inspection.
Les établissements concernés
Dans le détail, les licences de sept universités privées ont été suspendues pour une durée d'un an :
🔹 Barlas dans la province de Jawzjan
🔹 Rah-e Saadat et Turkestan à Balkh
🔹 Azhar et Borna à Badakhchan
🔹 Faryab et Payam à Kaboul
Parallèlement, le ministère a définitivement révoqué les autorisations de deux autres établissements : l'université Kohandazh à Kunduz et Khaneh-ye Danesh à Takhar.
Des motifs invoqués sans précisions
Les autorités justifient ces sanctions par des irrégularités administratives, des faits de corruption et la présence d'« étudiants fantômes » inscrits dans les registres, sans toutefois fournir de précisions au cas par cas.
Cette absence de ventilation constitue le principal point d'incertitude. L'inscription d'« étudiants fantômes » — soit la déclaration de personnes ne suivant aucune formation réelle — relève d'une infraction précise, documentable par pièces. L'invoquer comme motif commun à neuf établissements, sans éléments distincts, prive toute évaluation indépendante de fondement.
La répartition géographique retient également l'attention : Jawzjan, Balkh, Badakhchan, Kaboul, Kunduz et Takhar — principalement dans le nord et le nord-est.
Une refonte idéologique de l'enseignement
Ces fermetures s'inscrivent dans une politique plus large de restructuration du paysage éducatif afghan.
Simultanément à ces annonces, des extraits d'un discours de Hibatullah Akhundzada, chef suprême des Talibans, ont été diffusés par le porte-parole adjoint du régime à l'issue d'une réunion avec le ministre de l'Enseignement supérieur et les recteurs des universités publiques.
Lors de cette intervention, le dirigeant taliban a donné des directives claires aux responsables universitaires, leur ordonnant d'orienter prioritairement la formation des étudiants vers les sciences religieuses. Il a exhorté les cadres éducatifs et les érudits religieux à faire preuve d'une obéissance absolue et à renforcer l'unité afin de consolider le régime.
La simultanéité des deux annonces
Ce qui relie ces deux faits, c'est leur concomitance. D'un côté, le secteur privé de l'enseignement supérieur se trouve placé sous pression réglementaire ; de l'autre, les universités publiques reçoivent une instruction directe de la direction sur la redéfinition du contenu pédagogique.
Cette double dynamique — répression administrative du secteur privé et endoctrinement renforcé dans le secteur public — confirme la volonté du régime d'aligner l'ensemble de l'appareil académique sur son agenda idéologique.
Les conséquences pour les étudiants
Un point n'apparaît pas dans le communiqué officiel : la situation des étudiants concernés. La suspension d'un an d'un établissement signifie pour eux la perte d'une année universitaire ; la révocation définitive soulève la question du transfert des dossiers et de la poursuite des études ailleurs.
Pour les familles ayant financé une scolarité privée, cette décision emporte en outre une charge financière supplémentaire.
L'éclairage Hamdam
L'enseignement supérieur privé a assuré, ces deux dernières décennies, une part significative de la capacité éducative du pays — en particulier dans les provinces où les universités publiques ne suffisaient pas à absorber la demande.
La fermeture simultanée de neuf établissements, indépendamment du bien-fondé des accusations, revient à réduire cette capacité dans un contexte où les possibilités d'études se sont déjà considérablement restreintes.
À lire aussi
Commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier.




