Indice Georgetown : l'Afghanistan dernier pour les femmes

Indice de Georgetown : L'Afghanistan classé pire pays au monde pour les femmes pour la troisième année consécutive
L'Institut pour les femmes, la paix et la sécurité (GIWPS) de l'Université de Georgetown a publié son dernier classement mondial, plaçant une nouvelle fois l'Afghanistan à la dernière position concernant le statut et le bien-être des femmes.
Treize indicateurs, trois domaines
Basée sur 13 indicateurs répartis dans trois domaines clés — l'inclusion, la justice et la sécurité —, cette évaluation démontre que les femmes afghanes font face aux limitations les plus sévères au monde.
La structure tripartite de cet indice mérite attention : elle ne mesure pas seulement le cadre juridique, mais aussi l'accès effectif aux opportunités et le sentiment de sécurité au quotidien. Un pays peut afficher un droit plus favorable tout en restreignant l'accès dans les faits — et inversement.
À l'inverse, le Danemark se classe comme le meilleur pays pour les femmes, suivi de l'Islande, de la Norvège, de la Suède et de la Finlande.
Trois ans sans changement au dernier rang
L'étude souligne que l'Afghanistan figure parmi les nations les moins bien classées depuis la création de cet indice en 2017, et maintient son statut de dernier pays du classement sans discontinuité depuis 2023.
Cette stabilité constitue le point central du rapport. Les fluctuations sont fréquentes dans les classements internationaux ; une immobilité complète à la dernière place signifie qu'aucun des treize indicateurs n'a connu d'amélioration sensible.
En bas de tableau, aux côtés de l'Afghanistan, se trouvent des pays plongés dans des crises majeures tels que le Yémen, la République centrafricaine, la Syrie, le Soudan, Haïti et le Burundi.
Un élément retient l'attention : la plupart de ces pays connaissent un conflit actif ou un effondrement institutionnel. Le rang de l'Afghanistan résulte en revanche non du chaos, mais de politiques codifiées et annoncées.
Conséquences systémiques des décrets
Ce maintien au dernier rang mondial intervient alors que plus de 2,2 millions de jeunes filles restent exclues du système éducatif secondaire et supérieur.
Depuis le retour au pouvoir des Talibans en 2021, l'administration a édicté plus de 20 décrets restrictifs visant les femmes : interdiction de l'éducation au-delà de la 6e année, restrictions sévères du droit au travail, interdiction d'accès aux espaces publics tels que les parcs et les salons de beauté, et code vestimentaire strict.
L'accumulation de ces décrets produit un effet supérieur à la somme de ses parties : lorsque l'éducation, le travail et la présence dans l'espace public sont restreints simultanément, le résultat n'est pas une limitation sectorielle, mais un effacement progressif de la sphère sociale.
Une hausse de 40 % des violences
Selon un rapport de la Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) publié en novembre 2025, le nombre de femmes exposées à la violence structurelle, psychologique et organisée a augmenté de 40 % au cours des deux dernières années.
L'ONU souligne que ces restrictions institutionnelles privent non seulement les femmes de leurs libertés fondamentales, mais accroissent considérablement leur vulnérabilité face aux violences domestiques et sociales.
Ce lien obéit à une logique claire : l'assignation au domicile coupe l'accès aux réseaux de soutien extérieurs — collègues, enseignants, organisations civiles — et enferme la personne dans un environnement d'où, en cas de violence, aucune issue n'existe.
L'éclairage Hamdam
Ce qui distingue ce rapport d'un simple classement statistique, c'est le lien entre les chiffres et la vie quotidienne. Le chiffre de 2,2 millions de filles privées d'école signifie, à long terme, une génération entrant dans l'âge adulte sans scolarité formelle — avec des conséquences qui débordent l'individu pour toucher l'économie et la santé publique du pays.
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