Cinq ans de pouvoir taliban : stabilité et isolement diplomatique

Bilan de cinq ans de pouvoir des Talibans : entre rhétorique de stabilisation et réalités de l'isolement diplomatique
À l'approche du cinquième anniversaire du retour des Talibans au pouvoir à Kaboul, Zabihullah Mujahid, porte-parole du gouvernement, a présenté la restauration de la « sécurité globale » et l'instauration d'un système fondé sur la charia comme deux des principales réalisations du régime.
Cette lecture officielle contraste toutefois avec les évaluations des organismes internationaux, qui font état de difficultés économiques persistantes, de problèmes structurels liés aux droits humains et d'un isolement diplomatique toujours important.
Le bilan présenté par les Talibans
Dans son évaluation des cinq dernières années, Zabihullah Mujahid a notamment évoqué la gestion du retour massif de migrants ainsi que les obstacles économiques auxquels le pays a été confronté. Selon lui, le gouvernement a suivi une trajectoire positive dans la réalisation des aspirations de la population.
Sur le plan extérieur, Kaboul met en avant l'élargissement de ses relations régionales. La reconnaissance diplomatique officielle demeure néanmoins très limitée.
À ce jour, la Russie reste le seul État à avoir formellement reconnu le gouvernement taliban. La communauté internationale lie pour sa part une normalisation plus large au respect des droits humains, à l'inclusivité politique et aux engagements dans la lutte contre le terrorisme.
Des demandes réciproques toujours sans issue
Les relations entre Kaboul et la communauté internationale restent marquées par des revendications réciproques.
Les Talibans réclament l'attribution du siège afghan aux Nations Unies, la levée des sanctions financières et le dégel des avoirs souverains du pays.
En parallèle, les instances internationales continuent d'insister sur la levée des restrictions touchant notamment l'éducation et le travail des femmes.
Le dernier indice de l'Institut pour les femmes, la paix et la sécurité de l'Université de Georgetown place par ailleurs l'Afghanistan au 181e rang sur 181 pays évalués.
Pressions économiques et retour des migrants
Les rapports des organismes humanitaires font également état de pressions socio-économiques persistantes. La forte diminution de l'aide internationale au développement, combinée au retour forcé d'un grand nombre de migrants depuis les pays voisins, exerce une pression supplémentaire sur l'économie, les infrastructures publiques et le marché du travail.
Malgré une amélioration de la sécurité physique par rapport au passé, les difficultés économiques, le manque d'opportunités d'emploi et les attaques sporadiques de groupes armés continuent de peser sur la stabilité économique et sociale.
L'éclairage Hamdam
Le bilan de ces cinq années met en évidence ce que cette analyse décrit comme une « impasse structurelle ».
La consolidation du pouvoir administratif et une sécurité relative à l'intérieur du pays, sans intégration aux marchés mondiaux ni reconnaissance internationale, n'ont pas permis de résoudre les difficultés économiques fondamentales de la population.
Selon cette analyse, une sortie de cette situation nécessite une diplomatie réaliste, le respect des principes fondamentaux des droits humains et la création de conditions favorables à un développement économique durable pour l'ensemble des citoyens.
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