Iran : Téhéran incite les Afghans au retour via Khavaran
Iran : Téhéran exhorte les ressortissants afghans sans papiers à opter pour le retour volontaire via le centre de Khavaran
Lors d'une visite d'inspection effectuée au centre de retour de Khavaran, Vahid Gholikani, directeur général des affaires des immigrants et des réfugiés étrangers de la province de Téhéran, a appelé les ressortissants afghans ne disposant pas de titres de séjour valides à utiliser les mécanismes de départ volontaire.
Selon le responsable iranien, ce dispositif vise à rationaliser les procédures administratives et à offrir un cadre ordonné aux individus ou aux familles désireux de regagner l'Afghanistan.
Le fonctionnement du centre
Le centre de Khavaran, situé dans l'est de la capitale iranienne, constitue l'un des principaux points logistiques pour l'enregistrement, la vérification des documents et l'organisation du transport des migrants.
Les autorités ont précisé que l'accès au centre peut nécessiter l'obtention préalable d'un rendez-vous délivré par les bureaux de parrainage (Kafalat), afin de réguler les flux et d'éviter l'engorgement des services administratifs.
Ce que recouvre le « départ auto-déclaratif »
La notion revêt ici un sens précis : la personne se présente d'elle-même aux services compétents avant toute interpellation ou procédure d'identification.
Ce parcours se distingue de l'expulsion judiciaire tant par la procédure administrative que par ses conséquences sur une éventuelle possibilité de retour légal — un élément souvent déterminant dans la décision des familles concernées.
Un contexte de durcissement
Cette démarche s'inscrit dans un contexte marqué par le renforcement des contrôles visant les populations étrangères en situation irrégulière en République islamique d'Iran.
Les services préfectoraux soulignent que la procédure « auto-déclarative » permet d'éviter les mesures de reconduite contrainte, en offrant des garanties d'accompagnement logistique jusqu'à la frontière.
Du point de vue de la gestion migratoire, cette approche substitue des instruments incitatifs à l'intervention policière directe — une méthode qui réduit le coût administratif, juridique et politique du départ pour le pays hôte.
Les réserves des observateurs
Toutefois, les observateurs et les organisations de défense des droits des réfugiés rappellent que le succès de ces programmes de retour volontaire dépend largement des conditions de sécurité et de la situation socio-économique en Afghanistan.
L'accès à l'emploi, aux services de santé et à l'enseignement — notamment universitaire pour les femmes — y demeure très restreint sous l'administration des Talibans.
L'analyse de HAMDAM News
L'incitation au retour volontaire formulée par les autorités de la province de Téhéran reflète une phase de réorientation stratégique dans la gestion de la présence afghane en Iran.
La mise en avant de procédures administrativement encadrées comme celles du centre de Khavaran vise à substituer à la gestion sécuritaire directe un mécanisme d'incitation institutionnelle, réduisant ainsi les coûts logistiques et politiques des expulsions contraintes.
Néanmoins, la viabilité de ces politiques se heurte à la réalité structurelle du pays d'origine. En l'absence de perspectives de réintégration socio-économique et face aux restrictions sociétales persistantes en Afghanistan, les flux de retour courent le risque d'alimenter des dynamiques de re-migration secondaire.
Autrement dit, un retour non accompagné de perspectives n'est généralement pas un retour définitif — mais une halte avant un nouveau départ.
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