Asile au Royaume-Uni : chute du taux d'acceptation des Afghanes

Droit d'asile au Royaume-Uni : Amnesty International dénonce la chute drastique du taux d'acceptation pour les femmes afghanes
À l'occasion du cinquième anniversaire du changement de régime en Afghanistan, la section britannique d'Amnesty International a publié un communiqué incisif exigeant la suspension immédiate du rejet des demandes d'asile déposées par les femmes et jeunes filles afghanes au Royaume-Uni.
L'organisation non gouvernementale exhorte le gouvernement britannique à reconsidérer l'ensemble des dossiers refusés, qualifiant la tendance actuelle de « défaillance morale » face à la détérioration continue des droits humains sous l'administration des Talibans.
Ce que ces femmes ont fui
Naomi McAuliffe, directrice de la recherche et des politiques chez Amnesty International UK, a rappelé que l'interdiction de l'accès à l'instruction secondaire et universitaire, la suppression du droit au travail et les restrictions sévères imposées à la liberté de mouvement constituent une négation systémique des libertés fondamentales.
Selon l'ONG, renvoyer ou refuser la protection institutionnelle à des ressortissantes afghanes ayant fui ces conditions entre en contradiction directe avec les engagements internationaux du Royaume-Uni en matière de défense des droits des femmes.
Un point juridique central sous-tend ce dossier : la notion de persécution de genre. Dans le droit international de l'asile, l'exclusion systématique de l'éducation, du travail et de la liberté de mouvement en raison du seul genre peut constituer en soi un fondement de protection — indépendamment de toute menace individualisée.
Les chiffres : de 97 % à 34 %
Le communiqué s'appuie sur une étude documentant un virage net dans la politique d'asile britannique.
D'après les données publiées par l'organisation, le taux global d'approbation des demandes d'asile pour les citoyens afghans est passé de 97 % à seulement 34 % sous l'administration du Premier ministre Keir Starmer.
L'ampleur de ce basculement mérite d'être mesurée : sur cent demandes, quatre-vingt-dix-sept aboutissaient auparavant ; trente-quatre y parviennent aujourd'hui. Ce changement est intervenu alors que la situation sur le terrain en Afghanistan ne s'est pas améliorée.
Rien qu'au cours de l'année 2025, au moins 370 femmes et jeunes filles afghanes ont essuyé un refus de protection sur le territoire britannique.
Une contradiction mise en lumière
Amnesty International souligne la contradiction entre le discours officiel de Londres, qui aspire à exercer un leadership international sur la promotion du droit des femmes, et la réalité des décisions administratives prises par le Home Office.
L'organisation appelle la diplomatie et les autorités migratoires britanniques à aligner leurs pratiques d'octroi du statut de réfugié sur l'évaluation réelle des risques encourus par la population féminine afghane.
L'analyse de HAMDAM News
Le durcissement de la politique d'asile britannique à l'égard des ressortissants afghans illustre la primauté croissante des considérations de politique intérieure sur les impératifs du droit international des réfugiés.
D'un point de vue de droit public et de géopolitique des migrations, la baisse spectaculaire du taux de protection — passant de 97 % à 34 % — reflète une volonté de rationalisation des flux migratoires au détriment d'une évaluation personnalisée du risque de persécution de genre.
Un principe méthodologique est ici en jeu : en droit de l'asile, la décision doit reposer sur l'évaluation du risque dans le pays d'origine, non sur la capacité d'accueil du pays hôte. Lorsque le taux d'acceptation varie sans que les conditions du pays d'origine n'aient évolué, cela indique que la variable déterminante se situe ailleurs.
La remise en cause par Amnesty International de cette orientation met en relief la contradiction majeure des démocraties occidentales : le maintien d'une condamnation diplomatique ferme des restrictions imposées par les Talibans aux femmes, couplé à un désengagement progressif des mécanismes de protection juridique sur le sol national.
Ce décalage risque d'affaiblir la crédibilité normative des pays hôtes sur la scène internationale.
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