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Islamic Relief : 420 centres de santé fermés en Afghanistan

Rédaction de Hamdam NewsPar Rédaction de Hamdam News·Rédaction Hamdam·14 août 2026·2 min de lecture
afghanistan health centers closure returnees crisis
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Cinq ans après la chute de Kaboul : Islamic Relief dénonce le retrait des aides internationales face à une crise humanitaire systémique

À l'occasion du cinquième anniversaire du changement de régime en Afghanistan, l'organisation humanitaire internationale Islamic Relief a publié un bilan critique sur la situation socio-économique du pays.

Muhammad Zulqarnain Abbas, directeur de la section Afghanistan de l'ONG, a vivement remis en cause l'attitude de la communauté internationale, rappelant que les promesses d'un soutien pérenne formulées lors du retrait des forces étrangères en 2021 ont été progressivement reléguées au second plan, alors même que les conditions de vie des ménages ne cessent de se dégrader.

Un appel à changer de modèle d'assistance

Dans son communiqué officiel, l'organisation alerte sur les conséquences d'un désengagement prolongé et invite les bailleurs internationaux à réorienter leurs financements vers des projets de développement structurel, de reconstruction des infrastructures et de soutien aux services publics.

Selon l'ONG, la réduction continue de l'aide d'urgence expose des millions de citoyens afghans à des vulnérabilités accrues.

La distinction entre ces deux modèles est déterminante : l'aide d'urgence répond au besoin du jour sans construire de capacité pour le lendemain, tandis que l'investissement structurel édifie ce qui subsiste après le retrait des financements.

Un choc démographique de 12 %

Le rapport met en évidence l'impact de la crise migratoire régionale sur les équilibres internes du pays.

Depuis fin 2023, plus de six millions de ressortissants afghans sont revenus des pays limitrophes, dont plus d'un million durant la seule année en cours.

Cette vague de retours a généré une augmentation de la population d'environ 12 %, exerçant une pression considérable sur des ressources locales déjà limitées, le marché de l'emploi et les services sociaux de base.

Pour mesurer l'ampleur de ce chiffre : une hausse démographique de 12 % en trois ans constituerait déjà un défi majeur pour toute économie en situation normale — a fortiori pour un pays dont la capacité de services se contracte simultanément.

La fermeture de 420 centres de santé

Parallèlement, le désinvestissement financier international a entraîné la fermeture d'au moins 420 centres de santé à travers le pays. Cette défaillance du réseau médical affecte de manière disproportionnée les femmes et les enfants.

Islamic Relief souligne que la pénurie de soins, conjuguée aux restrictions imposées à l'emploi féminin dans le secteur sanitaire et à la paupérisation des foyers, place la santé publique dans une situation critique dans plusieurs provinces.

Pris isolément, chacun de ces trois facteurs resterait gérable ; leur conjonction produit un effet cumulatif : la structure ferme, le personnel féminin ne peut exercer, et le foyer n'a plus les moyens de rejoindre un établissement plus éloigné.

Un levier économique inexploité

L'ONG observe enfin que l'absence d'évolution dans les politiques éducatives et professionnelles à l'égard des femmes prive l'économie nationale d'un levier d'atténuation de la pauvreté, cinq ans après l'effondrement de la République.

L'analyse de HAMDAM News

Le bilan dressé par Islamic Relief met en lumière la contradiction centrale de la gestion internationale du dossier afghan depuis 2021 : l'écart croissant entre la baisse des financements humanitaires et l'augmentation des besoins structurels.

D'un point de vue de socio-économie du développement, l'absorption d'un choc démographique de 12 % par un pays dont les services publics — notamment de santé — subissent une contraction brutale constitue un facteur de fragilisation systémique.

La fermeture de plus de 400 structures médicales illustre les limites d'un modèle d'assistance fondé exclusivement sur l'urgence à court terme. En l'absence de mécanismes de financement axés sur le développement des infrastructures et d'une réintégration des compétences féminines dans le tissu économique, l'Afghanistan risque de s'enfermer dans un cercle vicieux de dépendance et de paupérisation transgénérationnelle.

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