Kaboul et Ghazni : tensions foncières autour d'Omid-e Sabz

Afghanistan : Tensions foncières et saisies immobilières dans les quartiers chiites et hazaras de Kaboul et Ghazni
Les résidents du complexe résidentiel d'Omid-e Sabz, situé dans la partie occidentale de la capitale afghane (arrondissements 6 et 13), ainsi que ceux du quartier de Nowabad à Ghazni, font part d'une hausse significative des pressions administratives et sécuritaires exercées par les services du ministère de la Justice.
Les opérations sur le terrain
Selon des témoignages concordants recueillis sur place, des inspecteurs accompagnés de forces de sécurité ont entrepris l'inventaire systématique des logements, procédant dans plusieurs cas à la réquisition d'habitations inoccupées et à la réorientation du versement des loyers vers les caisses de l'État.
Ce transfert des loyers constitue le point déterminant : à la différence d'une confiscation ponctuelle, il crée une ressource récurrente.
Le fondement invoqué
Ces mesures découlent de décisions judiciaires requalifiant ces espaces urbains en « terres domaniales » (Émarati).
Le 26 avril 2026, la Commission de prévention de la captation des terres, présidée par le ministre de la Justice Abdul Hakim Shar'i, a annoncé que plus de 1 507 jeribs (environ 300 hectares) constituant la cité Omid-e Sabz appartenaient légalement au domaine public.
Selon les autorités de fait, les registres cadastraux originaux ne mentionnent aucun transfert légal au profit d'opérateurs privés ou de particuliers.
Les réactions des résidents
Face à l'établissement de bureaux administratifs du ministère dans les locaux autrefois occupés par le promoteur privé (Gholghola Group), les habitants et locataires se voient sommés d'adresser leurs loyers directement aux services domaniaux.
À Ghazni, un délai d'une semaine avait été signifié aux résidents de Nowabad pour régulariser leur situation ou quitter les lieux, incitant des représentants de la communauté à entreprendre des démarches de médiation à Kandahar et Kaboul.
Plusieurs propriétaires, disposant de titres de propriété enregistrés (Esnad-e Shar'i) délivrés sous les administrations précédentes, contestent l'impartialité des décisions judiciaires et réclament un réexamen contradictoire des dossiers.
Mohammad Nabi Khalili, promoteur de la cité Omid-e Sabz, a publiquement appelé à une révision des arrêtés de confiscation, affirmant que le développement du site reposait sur des autorisations légales valides.
La réglementation de mai 2026
En mai 2026, une nouvelle réglementation foncière a été promulguée par les autorités, prévoyant la possibilité pour les occupants actuels de racheter ou de légaliser leur occupation sous certaines conditions financières, bien que les modalités d'application demeurent complexes.
La logique du dispositif est explicite : l'occupant paie une seconde fois pour un bien déjà acquis — cette fois auprès du nouveau propriétaire.
L'analyse de HAMDAM News
Le contentieux foncier concernant les cités Omid-e Sabz et Nowabad illustre la complexité de la transition du droit de propriété en Afghanistan post-2021.
La révision des cadastres par le ministère de la Justice répond à une volonté d'institutionnaliser le domaine foncier national, mais se heurte à la légitimité des titres de propriété délivrés au cours des deux dernières décennies.
La concentration de ces procédures sur des zones à forte densité communautaire alimente les inquiétudes quant à l'équité du traitement administratif.
La mise en application de la loi de mai 2026 constituera un test déterminant : elle indiquera si le régime privilégie une logique d'intégration économique et de médiation sociale ou une approche de contrainte administrative susceptible de fragiliser la stabilité urbaine.
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