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Washington fustige les Talibans et le retrait de l'ère Biden

Rédaction de Hamdam NewsPar Rédaction de Hamdam News·Rédaction Hamdam·16 août 2026·4 min de lecture
The US State Department marks the fifth anniversary of the Kabul withdrawal
The US State Department marks the fifth anniversary of the Kabul withdrawal

Cinq ans après le retrait de Kaboul : Washington fustige le bilan des Talibans et dénonce la gestion de l'administration Biden

À l'occasion du cinquième anniversaire du retour des Talibans au pouvoir, le Département d'État américain a publié une déclaration au ton particulièrement ferme, adressant une double critique à l'encontre des autorités de fait à Kaboul et de la gestion du retrait militaire par l'administration Biden en 2021.

Qualifiant les opérations d'évacuation d'alors d'« exécution défaillante et chaotique », le porte-parole de la diplomatie américaine a souligné que l'image de la puissance américaine avait été affectée par ces modalités opérationnelles.

Deux critiques dans un même communiqué

Ce qui distingue cette déclaration des prises de position habituelles tient à la double cible de sa critique.

D'un côté, elle vise les autorités de fait à Kaboul ; de l'autre, l'administration américaine précédente. La formulation simultanée de ces deux reproches dépasse la simple évaluation historique : en prenant ses distances avec les modalités du retrait, l'administration actuelle définit en réalité le socle d'une politique distincte à l'égard de Kaboul.

Autrement dit, le message implicite est que l'approche actuelle ne prolonge pas la précédente, mais la corrige.

Le rejet des ouvertures de Muttaqi

Sur le plan géopolitique, Washington a fermement rejeté les ouvertures diplomatiques récentes formulées par le ministre afghan par intérim des Affaires étrangères, Amir Khan Muttaqi.

Dans un entretien accordé au New York Times, ce dernier avait invité les États-Unis à rouvrir leur ambassade à Kaboul et à investir dans les ressources minières, les infrastructures routières et les projets hydrauliques du pays.

Le Département d'État a réitéré qu'aucune reconnaissance diplomatique du régime des Talibans n'était à l'ordre du jour.

Le verrou sécuritaire

La diplomatie américaine estime que l'administration de facto n'a pas apporté les garanties nécessaires pour empêcher que le territoire afghan ne redevienne une base arrière pour des groupes extrémistes.

Selon le communiqué, les actions des Talibans continuent d'entretenir l'instabilité régionale plutôt que de contribuer à la sécurité collective, invalidant ainsi toute perspective de normalisation rapide.

Cette position s'inscrit dans le prolongement des récents rapports du Conseil de sécurité de l'ONU, qui documentent la persistance de la présence d'Al-Qaïda et du TTP sur le sol afghan.

Une contradiction mise en évidence

Bien que Kaboul intensifie ses efforts de diplomatie régionale pour rompre son isolement international, la position américaine demeure inchangée : tout dialogue futur restera strictement conditionné à la préservation des intérêts stratégiques des États-Unis.

La demande d'investissements dans des infrastructures autrefois ciblées durant les deux décennies de conflit illustre le fossé persistant entre les attentes économiques de Kaboul et les exigences sécuritaires de Washington.

Ce point mérite d'être souligné : les routes, barrages et infrastructures énergétiques aujourd'hui présentés comme des opportunités d'investissement figuraient, durant la période du conflit, parmi les cibles reconnues des opérations. Les proposer comme terrain de coopération sans traiter cet antécédent relève d'un exercice délicat.

Deux grilles de calcul distinctes

Ce qui structure cet échange, ce sont deux logiques d'évaluation incompatibles.

Kaboul raisonne en termes d'opportunité économique : ressources minières inexploitées, besoins d'infrastructures, et un marché où les concurrents régionaux se sont déjà positionnés. Dans cette perspective, tout retard américain équivaut à une part de marché perdue.

Washington raisonne en termes de risque sécuritaire : garanties antiterroristes, situation des groupes armés, et conséquences d'une légitimation. Dans cette perspective, le bénéfice économique ne pèse rien face au risque stratégique.

Dans une telle configuration, les interlocuteurs ne traitent pas du même objet — ce qui explique la persistance du blocage.

Ce que l'échange laisse dans l'ombre

Derrière ce dialogue diplomatique demeure une question rarement abordée : l'incidence de cette impasse sur le quotidien de la population.

Indépendamment de la légitimité des positions en présence, la persistance du blocage signifie la persistance de l'isolement économique — et son poids ne repose pas sur les décideurs, mais sur une population qui ne figure pas parmi les parties à ces négociations.

L'analyse de HAMDAM News

La prise de parole du Département d'État à l'occasion de ce cinquième anniversaire traduit la persistance d'une impasse stratégique majeure entre Washington et Kaboul.

D'un point de vue de politique étrangère, la double critique adressée aux Talibans et à l'administration Biden reflète la volonté de recadrer la doctrine américaine : refuser toute légitimation politique sans contreparties sécuritaires vérifiables.

En rejetant les incitations économiques proposées par Amir Khan Muttaqi, les États-Unis réaffirment que le pragmatisme commercial ne saurait se substituer aux exigences de lutte contre le terrorisme et de respect des normes internationales.

Cette fermeté institutionnelle maintient l'Afghanistan dans un état de gel diplomatique, où les tentatives de normalisation régionale heurtent de plein fouet le veto politique des puissances occidentales.

Ce qui se dessine à l'horizon n'est ni une ouverture ni une rupture complète, mais la perpétuation d'une situation où aucune des deux parties n'entend reculer de sa ligne rouge.

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