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Le cycle de 50 ans : Répétition de l'histoire ou effondrement de la confiance ?

Farzana MohammadiPar Farzana Mohammadi·مدیرمسئول همدم‌نیوز·11 août 2026·3 min de lecture
Le cycle de 50 ans : Répétition de l'histoire ou effondrement de la confiance ?

Le cycle de 50 ans : Répétition de l'histoire ou effondrement de la confiance ?

Éditorial — Farzaneh Mohammadi, directrice de la publication de Hamdam

Introduction / Problématique

À l'approche du 15 août, date anniversaire du retour au pouvoir des Talibans en Afghanistan, la communauté internationale et les citoyens afghans se trouvent à nouveau confrontés au miroir d'une crise humanitaire, politique et sociale sans précédent. Aujourd'hui, l'Afghanistan subit un effondrement global : effacement systémique des femmes de la vie publique, crise économique aiguë, fuite des cerveaux et isolement diplomatique total. Toutefois, toute analyse rigoureuse de la situation actuelle exige une déconstruction sans concession des deux décennies de la République. Comment un système soutenu par des milliards de dollars et par l'alliance militaire la plus puissante du monde a-t-il pu s'effondrer si brutalement ? Le média HAMDAM soutient que la tragédie actuelle est le produit direct des luttes de pouvoir destructrices au sein de la République et du mépris répété pour la souveraineté populaire.

Corps de l'analyse structurelle

L'examen historique des deux dernières décennies montre que le régime républicain, malgré des opportunités internationales uniques, n'a pas su ancrer de manière durable et structurelle les fondements sociaux de la démocratie. Le vice rédhibitoire de cette période réside dans la primauté accordée aux luttes factionnelles au détriment de l'intérêt national. La dérive fondamentale a débuté lorsque le vote des citoyens a été sacralisé en apparence, mais bafoué dans les faits, donnant naissance hors du cadre constitutionnel à la formule absurde de "deux présidents pour un seul État" — un pouvoir bicéphale incarné par les accords de partage du pouvoir entre Ashraf Ghani et Abdullah Abdullah.

Dans cette architecture institutionnelle viciée, les ressources et l'énergie de l'État n'étaient pas consacrées à la consolidation des institutions publiques ni au développement social, mais à la neutralisation et à l'affaiblissement permanent du rival interne. Ces affrontements incessants au sommet de l'appareil d'État ont détruit la confiance des citoyens envers la notion même de l'État et envers les processus démocratiques. Lorsque le peuple a réalisé que les urnes n'étaient qu'un instrument de légitimation pour des élites auto-entretenues, le lien civique s'est rompu, précipitant la chute du régime dans l'indifférence générale lors de l'offensive des Talibans.

Aujourd'hui, avec le recul de ces dernières années, l'histoire de l'Afghanistan semble tragiquement balayée par un mouvement de rétrogradation. Nous assistons à la résurgence des dynamiques qui ont caractérisé les cinquante dernières années de conflits armés, de divisions moudjahidines et d'ingérences étrangères. Ces cinquante ans ne constituent pas une histoire lointaine ou abstraite ; ils représentent l'expérience vécue, douloureuse et sanglante de générations de citoyens encore vivants.

La critique fondamentale portée par HAMDAM à l'encontre de l'opposition actuelle aux Talibans réside dans la réitération aveugle de ces mêmes erreurs historiques. De nouveau, chaque faction, chaque chef de guerre et chaque mouvement politique joue sa propre partition sans vision globale. L'absence d'unité structurelle, le manque d'un leadership légitime et l'incapacité à formuler un projet politique cohérent condamnent l'opposition à la marginalité. La réalité est alarmante : même si le régime des Talibans venait à s'effondrer sous le poids de ses propres contradictions ou des pressions géopolitiques, les forces d'opposition ne disposent d'aucun programme stratégique pour régir "le jour d'après". Ce vide conceptuel prépare inévitablement le terrain pour un retour à l'anarchie et aux guerres civiles.

Conclusion et position officielle de HAMDAM

Le média HAMDAM affirme que la sortie de ce cycle infernal d'autoritarisme et d'instabilité exige une lecture lucide de ce demi-siècle de crises et un bilan critique de l'échec de la République. Tant que les acteurs politiques privilégieront les ambitions personnelles sur l'État de droit, et tant qu'ils s'avéreront incapables de s'unir autour d'une charte nationale claire, l'histoire continuera de se répéter comme une tragédie.

Il est impératif de dépasser la culture du partage marchand du pouvoir pour bâtir une culture de la responsabilité civique. La société civile, les intellectuels et la jeunesse afghane ne doivent plus permettre que l'avenir du pays soit confisqué par des opportunismes sans projet.

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