PAM : la malnutrition infantile critique en Afghanistan

L'axe humanitaire au niveau critique : Le PAM alerte sur l'aggravation de la malnutrition infantile en Afghanistan
Le Programme alimentaire mondial (PAM) a émis une mise en garde sévère concernant la dégradation de la crise nutritionnelle en Afghanistan. La réduction des contributions financières internationales contraint l'agence onusienne à restreindre ses programmes d'assistance vitale, alors que la malnutrition aiguë atteint des seuils d'urgence dans un tiers des provinces du pays.
Une hausse sans précédent de la malnutrition aiguë
Dans son dernier rapport d'évaluation, le PAM alerte sur une hausse sans précédent des taux de malnutrition aiguë chez les enfants, qualifiant la situation d'alarmante dans au moins douze des trente-quatre provinces du pays.
La notion de malnutrition aiguë désigne, dans la terminologie onusienne, un état plaçant l'enfant en danger de mort immédiat sans intervention thérapeutique. C'est cette urgence qui la distingue de la malnutrition chronique : la seconde affecte la croissance à long terme, la première engage la survie.
Le déficit financier et ses effets opérationnels
Selon les données consolidées de l'agence des Nations unies, le déficit financier majeur auquel sont confrontées les organisations humanitaires a entraîné une réduction substantielle des distributions alimentaires et des soins nutritionnels préventifs.
Les contraintes budgétaires obligent les équipes sur le terrain à rationaliser les interventions de secours, au moment même où la demande d'assistance médicale et alimentaire connaît une croissance exponentielle.
C'est la simultanéité de ces deux courbes opposées — ressources en baisse, besoins en hausse — qui aggrave la crise.
Douze provinces en urgence nutritionnelle
Les provinces d'Helmand, Daikundi, Zabul, Baghlan, Uruzgan, Paktika, Nouristan, Sar-e Pul, Ghor, Kandahar, Faryab et Logar sont formellement identifiées comme des zones prioritaires nécessitant des interventions thérapeutiques d'urgence.
Leur dispersion géographique mérite attention : du sud (Helmand, Kandahar, Zabul, Uruzgan) au nord (Baghlan, Sar-e Pul, Faryab) en passant par le centre (Daikundi, Ghor). Cette répartition montre que la crise n'est pas circonscrite à une région, mais bien nationale.
Les projections du PAM indiquent que cette dynamique récessive de la sécurité alimentaire devrait se maintenir au moins jusqu'au mois d'octobre, exacerbée par les facteurs socio-économiques locaux et l'insuffisance des infrastructures de santé de base.
Contexte
Depuis plusieurs années, l'Afghanistan fait face à une superposition de crises : sécheresses répétées, instabilité économique et retrait ou suspension de plusieurs programmes d'aide internationale.
La prise en charge de la santé publique et de l'enseignement supérieur, notamment dans les structures universitaires et hospitalières, subit les contrecoups directs de cette contraction financière globale.
Ce qu'il faut retenir
🔹 Alerte du PAM : la malnutrition aiguë atteint un niveau critique dans 12 provinces afghanes.
🔹 Impact du déficit financier : la baisse des fonds internationaux réduit directement l'accès aux secours vitaux.
🔹 Perspective : la détérioration devrait se poursuivre au moins jusqu'en octobre.
L'éclairage Hamdam
Ce qui distingue cette alerte des rapports habituels tient à la nature de sa cause. La crise actuelle ne résulte pas d'une catastrophe naturelle soudaine, mais de la réduction de ressources auparavant disponibles.
Cette distinction compte sur le plan des politiques publiques : une crise née de décisions budgétaires peut être enrayée par des décisions budgétaires. La prévision d'une dégradation jusqu'en octobre constitue, à cet égard, une fenêtre d'action autant qu'un pronostic.
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