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Après-Talibans : le vide stratégique de l'opposition

Rédaction de Hamdam NewsPar Rédaction de Hamdam News·Rédaction Hamdam·31 juil. 2026·4 min de lecture
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Focalisation militaire et incertitudes structurelles : Quel avenir pour l'après-Talibans ?

Par : Murshed Saify

Près de cinq ans après le retour des Talibans au pouvoir en Afghanistan, les mouvements d'opposition oscillent toujours entre deux orientations majeures : la poursuite de la lutte armée et la recherche d'une solution politique négociée.

Un dialogue verrouillé par la logique d'éviction

Face à eux, le pouvoir en place a constamment privilégié une stratégie d'éviction et le recours à la force pour neutraliser toute dissidence, verrouillant ainsi toute perspective de dialogue inclusif.

Ce verrouillage doit être compris à un niveau structurel, et non comme le résultat d'une décision ponctuelle. Lorsqu'une partie considère la négociation non comme un instrument de règlement du conflit mais comme le signe d'un affaiblissement de sa position, l'espace de dialogue reste fermé — non par absence de médiateur ou de projet, mais par absence d'incitation structurelle à l'accepter. C'est précisément cette configuration qui a rendu vaines les tentatives éparses de ces dernières années.

Un changement de doctrine : de la guérilla aux offensives frontales

Récemment, plusieurs factions d'opposition, notamment le Front de Liberté de l'Afghanistan (AFF), ont annoncé une réorientation de leur doctrine militaire, passant d'actions de guérilla à des offensives plus frontales, en particulier dans la province de Badakhchan.

Ce changement revêt une signification militaire précise. La guérilla repose sur la dispersion, la mobilité et l'évitement de l'affrontement direct, tandis que les offensives frontales supposent une concentration des forces, la tenue de positions et l'acceptation de pertes plus lourdes. Annoncer une telle transition revient généralement à revendiquer une capacité opérationnelle accrue — revendication difficilement vérifiable de manière indépendante dans les conditions actuelles.

Le choix du Badakhchan comme épicentre de ces opérations n'est pas anodin sur le plan géographique : province montagneuse et frontalière, sa configuration crée des conditions particulières tant pour les actions irrégulières que pour la tenue de positions.

La question fondamentale, restée sans réponse

Cependant, au-delà de ces dynamiques tactiques, une interrogation fondamentale demeure : quel est le projet politique de ces acteurs en cas de modification du rapport de force sur le terrain ?

L'importance de cette question tient à ce que sa réponse ne constitue pas un appendice théorique, mais la condition pratique de réussite de toute évolution militaire. L'expérience de conflits comparables montre que l'écart entre la supériorité militaire et l'établissement d'un ordre politique durable est précisément l'espace où naissent les crises suivantes.

À ce jour, aucun mouvement majeur n'a formulé de feuille de route claire concernant la structure institutionnelle future, les modalités de transition, le cadre constitutionnel ou la formation d'un gouvernement représentatif.

Chacun de ces quatre axes — structure institutionnelle, transition, cadre constitutionnel, gouvernement représentatif — constitue à lui seul un chantier réclamant, dans les expériences de transition politique, des années de négociation et de conception. L'absence simultanée de projet sur les quatre volets donne toute sa mesure à ce vide.

Ce vide stratégique laisse entrevoir trois scénarios prospectifs.

Premier scénario : fragmentation territoriale et pouvoirs parallèles

En l'absence d'un accord politique préalable, le retrait des Talibans de certaines zones pourrait conduire à une gestion empirique et factionnelle du territoire, augmentant le risque de conflits intenses entre groupes rivaux.

Le point déterminant réside dans la formule « en l'absence d'un accord politique préalable ». Ce qui se produit alors n'est pas la disparition du pouvoir, mais son transfert d'un centre unique vers des centres multiples, sans mécanisme régulant leurs rapports. Faute d'un tel mécanisme, chaque groupe se trouve contraint d'asseoir sa position par sa capacité militaire — logique qui conduit mécaniquement aux affrontements entre factions.

Deuxième scénario : déficit sécuritaire et essor de l'extrémisme

L'intensification des combats risque de créer des zones de non-droit propices à la réorganisation de groupes radicaux transnationaux, à l'instar de Daech, accentuant la déstabilisation régionale.

À la différence du premier scénario, celui-ci emporte des conséquences dépassant les frontières afghanes. Contrairement aux acteurs locaux, les groupes transnationaux n'ont pas d'intérêt lié à la stabilité d'un territoire déterminé ; le vide sécuritaire constitue donc pour eux non une crise, mais une opportunité.

Troisième scénario : l'improbabilité d'un compromis négocié

Bien qu'une impasse militaire puisse théoriquement inciter les belligérants à envisager une transition négociée, l'intransigeance doctrinale du régime actuel rend cette hypothèse peu probable à court terme.

Ce scénario correspond en réalité à ce que la littérature sur la résolution des conflits nomme l'« impasse douloureuse mutuelle » : une situation où aucune partie ne peut l'emporter et où le coût de la poursuite des combats devient insupportable pour toutes. Mais son avènement suppose la reconnaissance réciproque de cette impasse — condition qui n'est pas réunie aujourd'hui.

Conclusion

L'histoire récente de l'Afghanistan démontre que les succès militaires ne traduisent pas automatiquement une stabilité politique durable.

Cette expérience historique est répétée et traçable : chaque fois qu'un changement de pouvoir est intervenu en Afghanistan sans accord préalable sur l'ordre destiné à lui succéder, la période de stabilité s'est révélée brève et un nouveau conflit a pris la place du précédent.

Sans la présentation d'une vision claire et concertée pour l'après-conflit — garantissant l'État de droit, des institutions inclusives et la prévention de nouvelles spirales de violence —, l'avenir politique du pays demeurera empreint d'une profonde incertitud

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