HamdamHamdamNews

Inondations en Afghanistan : l'OMS alerte sur le risque sanitaire

Rédaction de Hamdam NewsPar Rédaction de Hamdam News·Rédaction Hamdam·29 juil. 2026·4 min de lecture
afghanistan Inondations
afghanistan Inondations

Inondations en Afghanistan : L'OMS alerte sur un risque épidémique et sanitaire majeur

De destructrices inondations soudaines ont frappé 13 provinces afghanes, provoquant des dizaines de morts et des dégâts matériels considérables. L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) met en garde contre l'aggravation de la crise humanitaire et l'émergence de maladies d'origine hydrique.

L'étendue géographique de la catastrophe

Les intempéries survenues entre la fin juillet et le début du mois d'août ont dévasté les infrastructures de base dans l'est, le sud-est et le centre de l'Afghanistan.

Cette dispersion géographique constitue en elle-même un facteur aggravant. Lorsqu'une catastrophe naturelle frappe simultanément trois régions distinctes du pays, les moyens de secours disponibles se trouvent nécessairement répartis entre de multiples provinces, réduisant la possibilité de concentrer les efforts sur un foyer critique. Cette dispersion signifie également que les dommages ne se limitent pas à un seul type d'infrastructure : réseaux d'eau, axes de communication, habitations et terres agricoles ont été touchés en même temps.

Le Nouristan, province la plus durement frappée

La province du Nouristan est la plus durement touchée, avec un bilan provisoire à Paroun faisant état de 23 morts, 5 disparus et 125 blessés. Les provinces de Paktika, Paktya, Logar, Parwan et la capitale Kaboul enregistrent également des pertes humaines et des destructions massives d'habitations et de terres agricoles.

La configuration montagneuse du Nouristan rend cette province à la fois plus exposée aux crues soudaines et plus difficile d'accès pour les équipes de secours. En zone montagneuse, l'écoulement des eaux est plus rapide et plus violent, et le délai d'alerte avant que la crue n'atteigne les zones habitées se réduit considérablement par rapport aux terrains plats.

Une menace directe sur la sécurité alimentaire et la santé publique

Selon l'OMS, la destruction des réseaux d'eau potable et l'inondation des terres cultivables font peser une menace directe sur la sécurité alimentaire et augmentent le risque d'épidémies.

Ces deux risques se manifestent sur des horizons temporels distincts. Les maladies d'origine hydrique apparaissent généralement dans les jours et semaines suivant les inondations, lorsque les sources d'eau potable deviennent inaccessibles et que les populations se rabattent sur des eaux contaminées. L'insécurité alimentaire liée à la destruction des terres cultivables relève en revanche du moyen et du long terme : elle se manifeste dans les mois qui suivent, avec la perte d'une saison agricole entière.

C'est précisément cette double temporalité qui transforme ce type de crise d'un « événement » en une « situation durable », rendant insuffisante toute réponse ponctuelle.

L'accès aux soins gravement entravé

De plus, l'endommagement des axes routiers dans des districts comme Mohammad Agha (Logar) et Ghorband (Parwan) entrave gravement l'accès des populations aux centres de santé.

Cette dimension de la crise produit un double effet : d'une part, blessés et malades ne peuvent rejoindre les structures de soins ; d'autre part, les équipes de secours et les cargaisons médicales se trouvent elles aussi dans l'incapacité d'atteindre les zones sinistrées. La destruction d'une route dans ces circonstances ne représente donc pas un simple dommage matériel, mais l'interruption d'une artère vitale pour les services de santé de toute une région.

La réponse de l'OMS et les obstacles aux opérations de secours

En réponse, l'OMS a activé son dispositif d'urgence pour fournir des médicaments et des équipements médicaux. Toutefois, l'agence onusienne souligne que la pénurie de fournitures médicales et l'isolement des zones montagneuses compliquent fortement les opérations de secours.

Ces deux obstacles sont de nature différente mais se renforcent mutuellement. La pénurie de fournitures relève de la capacité et des ressources ; l'isolement des zones montagneuses constitue une contrainte logistique et géographique. Lorsque les deux se conjuguent, même les moyens limités disponibles peinent à atteindre les points où les besoins sont les plus aigus.

L'éclairage Hamdam

Cette nouvelle catastrophe naturelle met en lumière la grande vulnérabilité des infrastructures rurales afghanes face au dérèglement climatique.

L'élément déterminant tient au caractère récurrent du phénomène. Lorsqu'un événement naturel survient de manière saisonnière et prévisible, il ne peut plus être considéré comme un simple imprévu : il devient une variable connue de la planification nationale, et l'absence de préparation face à lui relève dès lors d'un choix de politique publique.

La paralysie des services de santé dans les zones reculées démontre l'urgence d'investir dans la résilience communautaire et la protection des systèmes d'approvisionnement en eau pour prévenir des crises sanitaires à répétition.

Rapprochée des alertes précédentes des institutions internationales sur l'état des ressources en eau en Afghanistan, cette évaluation dessine un tableau cohérent : les infrastructures hydrauliques du pays sont vulnérables aussi bien à la pénurie et à la sécheresse qu'aux précipitations extrêmes et aux crues — deux faces d'un même problème, celui de l'absence d'infrastructures résilientes de gestion de l'eau.

À lire aussi

Commentaires

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier.