HamdamHamdamNews

Décès de Ravan Farhadi, figure de la diplomatie afghane

Rédaction de Hamdam NewsPar Rédaction de Hamdam News·Rédaction Hamdam·27 juil. 2026·3 min de lecture
Ravan Farhadi
Ravan Farhadi

Décès de Ravan Farhadi : Une figure emblématique de la diplomatie et des lettres afghanes s'éteint à 96 ans

L'ancien ambassadeur d'Afghanistan auprès des Nations Unies, éminent linguiste et érudit de la littérature mystique, le Dr Abdul Ghafoor Ravan Farhadi, est décédé ce lundi 27 juillet à San Francisco à l'âge de 96 ans. Son fils, Tariq Farhadi, a confirmé sa disparition liée à son grand âge.

Six décennies au service public et à la recherche

Avec plus de six décennies consacrées au service public et à la recherche académique, Ravan Farhadi incarne une époque charnière de l'histoire diplomatique afghane. Son parcours présente une singularité rare : il conjugue, au plus haut niveau, deux domaines distincts — la diplomatie professionnelle sur la scène internationale et la recherche académique en littérature et en mystique — une combinaison peu répandue parmi les figures politiques afghanes contemporaines.

Nommé plus jeune directeur général des affaires politiques au ministère des Affaires étrangères sous le gouvernement de Mohammad Yousuf dans les années 1960, cette accession précoce témoignait déjà de sa stature intellectuelle et de ses compétences professionnelles. Il servira plus tard comme ambassadeur à Paris en 1972, un poste qui approfondira durablement ses liens avec le milieu scientifique et culturel français.

Treize ans comme représentant permanent à l'ONU

Son rôle le plus marquant reste son mandat de treize ans (1993-2006) en tant que représentant permanent de l'Afghanistan auprès de l'ONU, traversant l'ère des Moudjahidines, le premier régime des Talibans et la transition post-2001.

L'importance de cette période apparaît plus nettement au regard des bouleversements qu'elle recouvre. Maintenir une présence diplomatique continue durant une séquence aussi instable exigeait une capacité rare à préserver sa crédibilité professionnelle et à gérer des relations internationales particulièrement complexes. Durant ces années, le siège afghan aux Nations Unies constituait l'un des rares canaux officiels reliant le pays à la communauté internationale.

Un savant polyglotte, de la Sorbonne à Berkeley

Parallèlement à sa carrière diplomatique, le Dr Farhadi était un savant accompli. Polyglotte maîtrisant le persan, le pachto, le français, l'anglais et l'arabe, il a enseigné l'histoire de la littérature persane et la culture islamique dans des institutions prestigieuses telles que la Sorbonne à Paris et l'Université de Californie à Berkeley.

Cette maîtrise linguistique constituait l'outil central de son travail, tant dans l'exercice diplomatique que dans ses recherches comparatives en littérature. Son enseignement au sein de ces deux institutions — parmi les plus reconnues au monde en matière d'orientalisme et d'études persanes — a consolidé sa stature académique à l'échelle internationale.

Un héritage académique de référence mondiale

Ses travaux académiques, notamment sa collaboration de 22 ans avec Ibrahim Gamard sur les Quatrains de Rumi et ses traductions des œuvres d'Ibrahim Al-Hallaj et Khwaja Abdullah Ansari, demeurent des références mondiales.

Cette collaboration de plus de deux décennies autour des quatrains de Roumi constitue un exemple remarquable de recherche conjointe menée sur le long terme dans le champ de la littérature mystique persane. Ses travaux sur Khwaja Abdullah Ansari et Al-Hallaj témoignent par ailleurs de son attachement profond à la tradition mystique du Khorassan et à son héritage intellectuel — une tradition qu'il s'est employé à rendre accessible au lectorat occidental et aux nouvelles générations de chercheurs.

L'éclairage Hamdam

La disparition de Ravan Farhadi survient à un moment où la diplomatie afghane traverse une crise d'isolement sans précédent. Pour la communauté afghane en exil et la communauté académique internationale, il représentait le visage d'un Afghanistan érudit, modéré et résolument ouvert sur le monde.

Sa capacité à lier diplomatie de haut niveau et recherche académique rigoureuse constitue un héritage inestimable pour les générations futures. Sa disparition rappelle une époque où les représentants de l'Afghanistan défendaient l'identité et les droits de leur peuple dans les enceintes internationales avec dignité, savoir et éloquence.

À lire aussi

Commentaires

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier.