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Dehmazang ou la tragédie d'une revendication citoyenne isolée

Par Mohammad Amin·خبرنگار·24 juil. 2026·2 min de lecture
Dehmazang
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Dehmazang ou la tragédie d'une revendication citoyenne isolée

Par : Mohammad Amin

Le 23 juillet (2 Asad) et la tragédie de Dehmazang ne représentent pas seulement un souvenir douloureux ou un hommage aux victimes du mouvement Roshnai (Lumière) ; ils incarnent une fracture profonde dans la sociologie politique de l'Afghanistan. Cet événement, où une revendication purement citoyenne liée au développement infrastructures s'est transformée en bain de sang, est avant tout le symptôme d'un isolement structurel au sein de la société afghane.

La question centrale reste inchangée : Pourquoi les revendications civiques en Afghanistan ne parviennent-elles pas à dépasser les frontières ethniques ?

Bien que le mouvement Roshnai ait prôné la justice sociale et un développement équitable, il n'a pas réussi à susciter un soutien trans-ethnique à l'échelle nationale. Cette indifférence collective s'explique par plusieurs facteurs structurels :

L'éthnicisation du débat civique :

Dans un paysage politique hyper-fragmenté, toute initiative citoyenne est immédiatement perçue à travers un filtre ethnique. L'absence de solidarité des autres communautés découlait d'une méfiance institutionnalisée, réduisant une demande d'infrastructure à une lutte communautaire pour les ressources.

Le féodalisme politique et le suivisme traditionnel :

La société est restée captive de loyautés traditionnelles envers des chefs de faction ou des "hommes forts". Ces élites ont instrumentalisé les divisions communautaires pour maintenir leur pouvoir, barrant la route à l'émergence d'une véritable conscience nationale.

L'absence d'un nationalisme inclusif :

Faute d'un sentiment d'appartenance partagé, les tragédies subies par un groupe n'ont jamais été ressenties comme des drames nationaux.

La conséquence ultime :

L'effondrement de la République Cette indifférence réciproque et cette fragmentation sociale ont directement préparé le terrain pour la chute de la République. Le régime démocratique ne s'est pas effondré uniquement sur le terrain militaire, mais dans l'incapacité des Afghans à faire bloc commun. En échouant à transformer des revendications locales en un projet national, la société s'est fragilisée, laissant le champ libre au retour de l'autoritarisme.

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