Élargissement des expulsions vers l'Afghanistan : Berlin contourne la restriction aux seuls profils criminels

Élargissement des expulsions vers l'Afghanistan : Berlin contourne la restriction aux seuls profils criminels
1. Un tournant politique et opérationnel à Berlin
BERLIN / PARIS — Dans un contexte de durcissement des politiques migratoires en Europe, le ministère de l'Intérieur de l'État de Hesse a confirmé que le gouvernement fédéral allemand avait facilité les procédures d'expulsion vers l'Afghanistan. Jusqu'à présent, ces mesures d'éloignement se limitaient principalement aux individus condamnés pour des crimes graves ou considérés comme une menace pour la sécurité nationale. Désormais, le cadre réglementaire s'étend aux demandeurs d'asile dont le dossier a été définitivement rejeté, marquant une rupture nette dans la doctrine d'asile germanique.
D'après les précisions fournies par Roman Poseck, ministre de l'Intérieur de Hesse, cette politique ne concerne pas les femmes. Les critères requis visent exclusivement des hommes majeurs, célibataires, ayant épuisé toutes les voies de recours légaux et faisant l'objet d'une obligation définitive de quitter le territoire. Afin de concrétiser ces renvois, les autorités allemandes présentent ces ressortissants à des représentants des talibans pour vérifier leur identité et délivrer, le cas échéant, les documents de voyage nécessaires. Cette coopération technique directe avec le régime de fait suscite de vives polémiques, bien que le chancelier Friedrich Merz ait fermement rejeté les critiques, soutenu par le ministre de l'Intérieur Alexander Dobrindt qui exige une hausse des expulsions à la suite d'incidents sécuritaires récents.
##
2. Entre impératifs de sécurité et vives critiques humanitaires
L'extension de ces mesures suscite de vives inquiétudes au sein de la société civile et de l'échiquier politique. Le Conseil des réfugiés de Hesse a qualifié d'« irresponsable » l'expulsion d'Afghans ne possédant aucun casier judiciaire, rappelant son opposition de principe à tout renvoi vers un pays sous contrôle des talibans. Dans la même ligne, Clara Bünger, députée du parti Die Linke (La Gauche), a dénoncé une normalisation progressive de ces démarches, affirmant qu'elles violeraient les normes internationales de protection des droits humains.
Face aux accusations, les responsables régionaux défendent une stricte application de l'État de droit. Les représentants des ministères de l'Intérieur de Hesse et de Bavière rappellent que ces décisions interviennent au terme de procédures juridiques approfondies. Si la priorité reste l'éloignement des individus dangereux et des délégants, les autorités estiment que tout individu ne disposant plus de titre de séjour valide et ne faisant face à aucun danger individuel avéré en Afghanistan doit se conformer à l'obligation de quitter le pays.
À lire aussi
Commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier.




