Crise sanitaire en Afghanistan : Au moins 214 morts en un mois face à la flambée épidémique

Crise sanitaire en Afghanistan : Au moins 214 morts en un mois face à la flambée épidémique
KABOUL, Afghanistan — Le dernier rapport détaillé de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) dresse un bilan alarmant de la situation sanitaire en Afghanistan. Selon ces données récents, au moins 214 personnes ont perdu la vie en l'espace d'un mois en raison de diverses maladies infectieuses et aiguës. Ce chiffre illustre la vulnérabilité extrême du système de santé afghan et le manque d'accès aux soins de base pour une grande partie de la population.
Flambée épidémique et lourdes pertes humaines
Selon le rapport, les infections respiratoires aiguës (IRA), associées aux pneumonies, restent la principale cause de mortalité dans le pays. Au cours de ce seul mois, plus de 65 000 cas ont été recensés, entraînant la mort de 168 personnes.
Parallèlement, la propagation d'autres maladies contagiueuses suscite de vives inquiétudes chez les professionnels de santé :
Fièvre de Crimée-Congo : 483 cas suspects et 21 décès ont été enregistrés. L'OMS établit un lien direct entre cette hausse et la période de l'Aïd al-Adha (contact accru avec le bétail et abattages non sécurisés).
Diarrhée aqueuse aiguë (AWD) : Plus de 18 000 cas et 14 décès enregistrés pour le seul mois de juin. Le nombre d'infections a bondi de 33 % par rapport au mois précédent.
Rougeole : Plus de 2 000 cas suspects et 11 décès signalés, soit une augmentation de 4,1 % des cas suspects, révélant les lacunes des campagnes de vaccination.
Covid-19 et Dengue : 87 cas confirmés de Covid-19 et 255 cas suspects de dengue ont été signalés en juin, sans aucun décès à déplorer.
Pression accrue due au retour massif des réfugiés
Le rapport met également en lumière l'impact sanitaire du retour massif des réfugiés afghans en provenance des pays voisins (principalement du Pakistan et de l'Iran). Depuis le début de l'année jusqu'à la fin juin, plus de 905 000 retournés ont franchi les frontières.
Cet flux massif dans les zones frontalières exerce une pression sans précédent sur des infrastructures médicales déjà à bout de souffle. Bien que des dizaines de milliers de personnes aient été dépistées à leur arrivée — la Covid-19 étant la maladie la plus détectée —, le risque de propagation dans les provinces intérieures demeure critique.
Analyse globale
La coïncidence entre les épidémies saisonnières, la pénurie sévère de médicaments et l'arrivée continue de centaines de milliers de rapatriés place le système de santé afghan au bord du naufrage. Les experts préviennent que sans une intervention internationale rapide et coordonnée, le bilan humain risque de s'alourdir dramatiquement dans les mois à venir.
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