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Signature à Mashhad d'un accord tripartite entre l'Afghanistan, l'Iran et le Tadjikistan pour l'activation d'un nouveau corridor de transit routier

Rédaction de Hamdam NewsPar Rédaction de Hamdam News·Rédaction Hamdam·16 juil. 2026·4 min de lecture
The Pamir Mountains in Tajikistan, heading towards Khargush Pass | © Ninara/Flickr
The Pamir Mountains in Tajikistan, heading towards Khargush Pass | © Ninara/Flickr

MASHHAD – Dans le cadre du renforcement des infrastructures de transport et de la dynamisation des échanges commerciaux en Asie centrale et occidentale, une rencontre tripartite de haut niveau s'est tenue à Mashhad, dans la province iranienne du Khorasan-e Razavi. Réunissant des délégations officielles d'Iran, du Tadjikistan et de l'administration de fait des Taliban en Afghanistan, cette session de travail s'est conclue par la signature d'un accord opérationnel historique visant à activer un corridor de transit routier commun. Cette nouvelle route commerciale terrestre est destinée à relier plus efficacement les trois nations, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives pour le désenclavement économique de l'Afghanistan et la fluidification des flux de marchandises à l'échelle régionale.

Les détails de la rencontre de Mashhad et les signataires de l'accord

Selon les informations rapportées par les médias officiels iraniens, les discussions se sont déroulées sous l'égide de la Direction générale des transports routiers de la province du Khorasan-e Razavi. Les délégations étaient composées de hauts responsables techniques et politiques des trois pays concernés. La partie iranienne était représentée par Reza Akbari, vice-ministre des Voies et du Développement urbain. La délégation afghane était dirigée par Yar Mohammad Ramadan, chef de la mission technique dépêchée par Kaboul, tandis que le Tadjikistan avait envoyé son vice-ministre des Transports, Shayesteh Saidmoradzadeh.

La présence de ces figures clés témoigne de l'importance hautement stratégique que revêt ce projet pour chacune des capitales. L'aboutissement de ces négociations intensives s'est concrétisé par la signature d'un procès-verbal opérationnel d'engagement mutuel. Les trois parties ont réaffirmé leur volonté politique commune de placer ce corridor routier au centre de leurs priorités économiques et douanières respectives, le considérant comme un levier indispensable pour réduire de manière significative les coûts logistiques et les temps de transport des marchandises dans la région.

Un premier convoi test prévu sous trente jours

Afin de valider la faisabilité technique du tracé et d'éprouver l'efficacité des dispositifs douaniers, l'accord signé à Mashhad prévoit une phase expérimentale à très court terme. Les signataires se sont engagés à organiser le passage d'un premier convoi de fret d'essai dans un délai maximum d'un mois. Ce transport test sera effectué conjointement par des camions et des transporteurs routiers issus des trois pays signataires de l'accord.

Cette opération pilote à caractère pratique permettra d'évaluer en situation réelle l'harmonisation des procédures douanières, la fluidité du trafic aux différents postes-frontières et la gestion administrative des documents de transport internationaux. Les données recueillies lors de ce test serviront à identifier les éventuels goulots d'étranglement physiques ou réglementaires le long du parcours, afin d'y apporter des corrections avant le lancement officiel et à grande échelle des activités commerciales régulières.

Création d'un groupe de travail technique pour lever les barrières administratives

Conscientes que le succès d'un tel corridor repose autant sur la qualité des infrastructures physiques que sur la simplification des procédures administratives, les trois délégations ont acté la création immédiate d'un groupe de travail technique conjoint. Ce comité trilatéral aura pour mission principale de suivre de près la mise en œuvre pratique de l'accord et de résoudre les difficultés opérationnelles courantes.

Parmi les dossiers prioritaires confiés à ce groupe de travail figurent la simplification de l'obtention des visas pour les chauffeurs routiers professionnels, la réduction drastique des temps d'attente aux contrôles frontaliers et l'élaboration d'un système d'assurance automobile commun et harmonisé.

L'objectif final est de créer un environnement juridique et administratif sécurisé et prévisible pour les entreprises logistiques et les commerçants des trois pays, stimulant ainsi l'investissement privé dans le secteur du transport transfrontalier.

Un second sommet prévu à Kaboul en automne

La dynamique initiée à Mashhad est appelée à se structurer dans la durée. Les participants ont en effet convenu de l'importance de maintenir un dialogue technique permanent pour pérenniser ce corridor. À cette fin, il a été décidé que la deuxième session des négociations tripartites se déroulerait à Kaboul au cours du mois de Aqrab (octobre-novembre) de l'année en cours.

Cette future rencontre à Kaboul aura pour objectif principal d'examiner les résultats du convoi d'essai et de finaliser la rédaction d'un document d'accord de coopération stratégique à long terme. La ratification de ce texte cadre consolidera l'engagement politique des trois pays et offrira une base légale solide pour le développement futur des infrastructures de transport connectant l'Iran, l'Afghanistan et le Tadjikistan aux grands réseaux de transit eurasiatiques.

Les enjeux géopolitiques et économiques régionaux

La mise en place de ce corridor s'inscrit dans un contexte régional marqué par la recherche constante de nouvelles voies d'accès aux marchés mondiaux pour les pays enclavés d'Asie centrale. Pour le Tadjikistan, cette route représente une opportunité majeure d'accéder directement aux ports iraniens du golfe Persique et de l'océan Indien, notamment le port stratégique de Chabahar, en contournant d'autres tracés plus complexes ou saturés. Pour l'Iran, ce projet renforce son rôle historique de carrefour de transit entre l'Asie et l'Europe, tout en consolidant ses liens économiques avec ses voisins orientaux.

Pour l'Afghanistan, le développement de ce type de projets d'infrastructure est d'une importance vitale. En dépit de l'isolement diplomatique de l'administration des Taliban, la position géographique du pays au cœur de l'Asie en fait un pont de transit naturel incontournable. La participation active de Kaboul à ces négociations montre que le transit commercial reste un domaine où la coopération technique régionale demeure possible et nécessaire. Les études menées au sein des facultés d'économie et de relations internationales des universités de la région, soulignent régulièrement que le désenclavement routier et ferroviaire de l'Afghanistan est une condition sine qua non pour la stabilité économique à long terme de l'ensemble de la région. En facilitant les échanges légitimes, ce nouveau corridor pourrait non seulement réduire les coûts des produits de première nécessité pour les populations locales, mais aussi encourager une intégration régionale pacifique basée sur des intérêts économiques mutuels partagés.

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