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La banalisation de la terreur : Les crimes de guerre des forces spéciales britanniques en Afghanistan et la faillite morale de l'impérialisme moderne

Rédaction de Hamdam NewsPar Rédaction de Hamdam News·Rédaction Hamdam·14 juil. 2026·5 min de lecture
Photo obtained by the BBC shows UKSF vehicles operating in support of Syrian militia. The photo is said to have been taken in June of this year. Photo source: BBC News
Photo obtained by the BBC shows UKSF vehicles operating in support of Syrian militia. The photo is said to have been taken in June of this year. Photo source: BBC News

PARIS / LONDRES – Les révélations successives devant la Commission d'enquête indépendante sur l'Afghanistan continuent de lever le voile sur l'extrême violence systémique et la déshumanisation qui ont caractérisé les opérations des forces d'élite occidentales. Les derniers témoignages d'un personnel de soutien et d'un réserviste militaire révèlent des actes de cruauté gratuite commis par les forces spéciales britanniques (UKSF) contre des détenus afghans, ainsi que des exécutions sommaires de civils suivies de tentatives délibérées de dissimulation par la hiérarchie militaire. Ces récits ne décrivent pas seulement des dérives individuelles, mais témoignent d'une culture de l'impunité structurelle au sein d'unités militaires d'élite opérant hors de tout contrôle légal et moral.

Devant cette commission d'enquête, établie pour examiner les allégations de meurtres illégaux commis par les soldats britanniques entre 2010 et 2013, deux nouveaux lanceurs d'alerte ont livré des témoignages accablants. Leurs déclarations décrivent un environnement où les prisonniers afghans étaient traités comme des objets de divertissement sadique, et où les civils innocents étaient systématiquement ciblés sous prétexte de lutte contre le terrorisme, avant que des compensations financières dérisoires ne soient versées pour étouffer les affaires.

Le premier témoignage, particulièrement glaçant, émane de Monica Grenfell, qui a travaillé comme employée de cuisine et magasinière au sein d'une base des forces spéciales britanniques en Afghanistan. Elle a décrit une atmosphère de débauche éthique, qualifiant le comportement des troupes de comportement d'individus « libérés de toute contrainte ». Selon ses déclarations, les soldats utilisaient des chariots élévateurs (lift-trucks) pour torturer et humilier les détenus afghans pour leur propre divertissement. Elle a raconté avoir entendu des soldats se vanter ouvertement d'avoir placé des prisonniers sur les fourches de ces engins, de les avoir élevés à une hauteur considérable, puis d'avoir accéléré brusquement pour provoquer leur chute violente au sol. Cette description met en lumière l'absence totale de supervision et de respect des conventions internationales sur le traitement des prisonniers de guerre.

Le second témoignage est celui de Christopher Green, un ancien membre de la réserve de l'armée britannique ayant servi en Afghanistan entre janvier et septembre 2012. Son témoignage s'est concentré sur l'assassinat de trois frères, de simples agriculteurs, lors d'un raid nocturne dans un village de la province de Helmand. Selon Green, l'équipe de renseignement de son unité était absolument convaincue que ces trois hommes n'étaient que de simples paysans sans aucun lien avec l'insurrection. Il n'existait aucune preuve, aucun indice crédible permettant de les associer aux commandants des Taliban. Malgré cette certitude interne, les forces spéciales ont procédé à leur exécution.

La tentative de dissimulation qui a suivi illustre parfaitement la complicité institutionnelle au sein de l'armée. Lorsque Christopher Green a tenté d'exprimer ses profondes inquiétudes concernant ce massacre auprès d'un officier de liaison, il a été immédiatement confronté à une hostilité agressive. On l'a accusé de sympathiser avec l'ennemi et de soutenir les Taliban, une tactique classique d'intimidation visant à faire taire les voix dissidentes au sein des troupes. De plus, la hiérarchie militaire lui a formellement interdit de visionner les enregistrements vidéo de l'opération, bloquant ainsi toute possibilité d'enquête interne honnête et transparente.

Pour tenter d'éteindre l'incendie diplomatique et juridique potentiel, le gouvernement britannique a versé une somme de 3 634 livres sterling à la mère des trois agriculteurs tués.

Selon Green, ce versement financier, bien que présenté comme une aide humanitaire ou une compensation de sympathie, constitue en réalité un aveu implicite de culpabilité de la part de l'État britannique. Il s'agit d'une tentative cynique de monnayer la vie humaine et d'acheter le silence d'une famille endeuillée, évitant ainsi que le massacre ne soit qualifié de crime de guerre devant les instances internationales.

Ces dérives s'inscrivent dans un cadre théorique plus large, souvent analysé dans les départements de sciences politiques et d'études de sécurité des universités, notamment à l'Université de Paris 8, où les chercheurs étudient les dynamiques du colonialisme tardif et de la violence d'État. Ces analyses montrent que les forces spéciales d'élite, opérant dans des espaces de non-droit et sous le sceau du secret militaire, développent une psychologie de supériorité raciale et culturelle. Les populations locales ne sont plus perçues comme des citoyens dotés de droits, mais comme des corps superflus sur lesquels s'exerce une violence souveraine arbitraire. Le silence persistant de la communauté internationale face à ces crimes commis sous couvert de "guerre contre le terrorisme" renforce cette asymétrie de pouvoir.

La réponse officielle du ministère de la Défense britannique reste empreinte d'une diplomatie de façade. Bien qu'un porte-parole ait affirmé que le gouvernement soutenait pleinement l'enquête indépendante et appréciait le courage des lanceurs d'alerte, la réalité historique montre que les réformes structurelles au sein des armées occidentales restent cosmétiques. Les mécanismes d'auto-investigation militaire servent le plus souvent à protéger l'institution plutôt qu'à rendre justice aux victimes. Pour les femmes et les familles d'Afghanistan, qui continuent de porter les stigmates de ces décennies d'occupation, ces procès à distance n'apportent qu'une justice tardive et incomplète, alors que les véritables responsables politiques et militaires de ces campagnes de terreur demeurent à l'abri de toute poursuite pénale internationale.

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