HamdamHamdamNews

Omid Sabz : expropriation massive à l'ouest de Kaboul

Rédaction de Hamdam NewsPar Rédaction de Hamdam News·Rédaction Hamdam·2 août 2026·2 min de lecture
شهرک امید سبز در غرب کابل؛ ضرب‌الاجل تخلیه اجباری
شهرک امید سبز در غرب کابل؛ ضرب‌الاجل تخلیه اجباری

Omid Sabz à Kaboul : L'expropriation massive sous couvert de « reconstitution du domaine public »

L'ultimatum émis par le ministère de la Justice du gouvernement taliban ordonnant l'évacuation d'Omid Sabz, une cité résidentielle majeure de l'ouest de Kaboul, marque une nouvelle étape dans la spoliation des biens privés. Derrière la justification juridique d'annulation des titres de propriété jugés « usurpés », cette décision menace les investissements de milliers de familles de la classe moyenne et de la diaspora afghane.

Historique et légitimité foncière

Développée au début des années 2000 par des promoteurs privés (notamment Haji Nabi Khalili), la cité Omid Sabz (Nabi Town) a été conçue comme un modèle d'urbanisme moderne.

Pendant deux décennies, des milliers de citoyens, de fonctionnaires et d'expatriés y ont acheté des terrains et construit des logements en s'appuyant sur des titres de propriété municipaux et des décrets présidentiels des gouvernements précédents — trois niveaux distincts de validation officielle, dotés chacun d'une valeur juridique propre.

Les litiges fonciers entourant les terrains de Dasht-e Barchi et de Deh Dana n'avaient jamais conduit à une annulation globale des droits des habitants. Ce qui est nouveau, c'est l'extension de la contestation à l'ensemble de la cité.

La politique de la « Commission de restitution des terres »

Depuis leur retour au pouvoir, les Talibans ont mis en place une Commission d'investigation sur les terres usurpées. Sous prétexte de restaurer le domaine public (Amlak-e Dawlati), cette structure annule unilatéralement les titres fonciers délivrés sous la République.

Dans le cas d'Omid Sabz, la déclaration du statut « étatique » du site par un tribunal taliban dépouille les propriétaires de leurs droits légitimes sans compensation financière, requalifiant de fait des investisseurs de bonne foi en « occupants illégaux ».

Écarter le principe de bonne foi de l'acquéreur revient à faire peser la charge de toute irrégularité documentaire sur le citoyen — et non sur l'institution qui a délivré ces documents.

Impacts économiques et sociaux

Pertes financières colossales : Des centaines de millions de dollars d'investissements privés s'effondrent. Les familles ayant placé toutes leurs économies dans ces logements se retrouvent ruinées, notamment au sein de la diaspora.

Précarisation et crise du logement : L'ordre d'évacuation immédiat et l'interdiction de louer créent une crise humanitaire urbaine. La brièveté du délai rend impossible toute recherche de logement de substitution.

Incertitude juridique : Cette mesure ébranle définitivement la confiance des acteurs économiques dans le marché immobilier afghan et paralyse tout investissement futur.

L'éclairage Hamdam

L'affaire d'Omid Sabz illustre le basculement d'un litige technico-juridique vers une expropriation politique. Ce qui se trouve invalidé dépasse quelques documents : c'est le principe de continuité des engagements de l'État.

En invalidant les documents officiels des deux dernières décennies, les Talibans ne se contentent pas de restructurer le foncier : ils procèdent à une redistribution des ressources économiques au détriment de la classe moyenne urbaine.

À lire aussi

Commentaires

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier.